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Transport combiné route-rail, opportunités pour les chargeurs et réduction de l’empreinte carbone

Transport combiné route-rail, opportunités pour les chargeurs et réduction de l’empreinte carbone

Transport combiné route-rail, opportunités pour les chargeurs et réduction de l’empreinte carbone

Transport combiné route-rail : de quoi parle-t-on vraiment ?

Sur le papier, tout le monde est pour le rail. Dans les faits, 90 % des flux de marchandises en France commencent et finissent encore… sur un camion. Le transport combiné route-rail, c’est précisément le pont entre ces deux mondes.

Définition opérationnelle : on parle de transport combiné route-rail quand :

Pour le chargeur, l’idée est simple :

Dit autrement : au lieu de faire 800 km ou 1 000 km d’autoroute avec un seul camion, on fait 30 à 150 km en camion, le reste en train.

Où en est le marché du combiné en France ?

On entend souvent que « le fret ferroviaire est mort ». Sur le terrain, c’est plus nuancé. Le combiné route-rail progresse, même s’il reste loin du potentiel annoncé par les plans gouvernementaux.

Quelques ordres de grandeur :

Sur le terrain, on voit surtout trois profils de chargeurs qui s’y intéressent :

À retenir : le combiné n’est pas adapté à tous les trafics, mais dès qu’on parle de volumes réguliers > 10 remorques par semaine sur > 500 km, ça mérite d’être étudié sérieusement.

Comment ça se passe concrètement, du quai au quai ?

Prenons un exemple simple, vécu sur une ligne France–Italie.

Temps total : environ 18 heures porte à porte, pour plus de 500 km ferroviaires. En full camion, il aurait fallu :

Point clé : pour le chargeur, le combiné bien organisé reste transparent : un seul interlocuteur (le transporteur ou le logisticien), un seul ordre de transport, mais une chaîne physique mixte route + rail derrière.

Opportunités économiques pour les chargeurs

Passons aux chiffres, car c’est souvent ce qui décide au final.

Pour un trajet de 800 à 1 000 km, en conditions « normales » :

Les leviers d’économie côté chargeur :

Évidemment, tout n’est pas rose. On voit aussi des cas où le combiné est plus cher :

À retenir : économiquement, le combiné commence à devenir intéressant :

Réduction de l’empreinte carbone : des gains réels et mesurables

Venons-en au CO₂, parce que c’est souvent le déclencheur côté direction RSE ou clients grands comptes.

Ordres de grandeur d’émissions (valeurs moyennes européennes, gCO₂ par tonne-km) :

En combiné, on garde un peu de route, donc on n’atteint pas le niveau « 100 % rail ». Mais avec un pré/post-acheminement court et un long tronc commun ferroviaire, on arrive généralement à :

Exemple concret (chiffres arrondis) :

Pour un chargeur qui doit aligner ses objectifs carbone avec ses clients (automobile, grande distrib, industriel), ce type de gain se voit clairement :

À retenir : le combiné n’est pas du « greenwashing ». Les réductions de CO₂ sont calculables, comparables et tracées, surtout si l’opérateur fournit des données certifiées (méthodologie ADEME, GLEC, etc.).

Avantages opérationnels… et limites à ne pas oublier

Côté terrain, qu’est-ce que ça change pour les exploitants et les conducteurs ?

Les plus :

Les moins et irritants du quotidien :

Un exemple vécu : sur une ligne très chargée nord–sud, une grève locale a cloué les trains au dépôt pendant 48 heures. Résultat :

Ce type de scénario doit être anticipé dans les contrats et dans l’organisation (plans B, capacités routières de secours).

Pour quels types de marchandises et de secteurs c’est le plus pertinent ?

Toutes les marchandises ne se prêtent pas au combiné. On peut classer en trois catégories :

Très adapté :

Adapté sous conditions :

Peu ou pas adapté :

À retenir : le combiné favorise la massification. Plus vos flux sont regroupables par axe et par période, plus l’équation économique et opérationnelle est favorable.

Comment un chargeur peut-il s’y mettre sans se planter ?

Passer au combiné ne se fait pas en claquant des doigts. Ceux qui s’en sortent bien suivent souvent les mêmes étapes.

1. Cartographier ses flux

2. Regarder le maillage ferroviaire réel

3. Monter un pilote plutôt que tout basculer d’un coup

4. Impliquer les bons acteurs

5. Formaliser les règles du jeu

Sur le terrain, les projets qui échouent ont souvent les mêmes défauts :

Impact pour les transporteurs routiers : menace ou opportunité ?

Vue du côté camion, la première réaction est parfois : « le train va nous piquer du boulot ». Ce n’est pas ce qu’on observe dans les faits, surtout avec la pénurie de conducteurs.

Les risques pour les transporteurs :

Les opportunités :

Un schéma courant que j’ai vu fonctionner :

À retenir : pour un transporteur, ignorer le combiné, c’est prendre le risque de laisser la place à d’autres. S’y intéresser tôt permet d’être dans la boucle quand les chargeurs restructurent leurs schémas de transport.

Ce qui reste à améliorer pour que le combiné change vraiment d’échelle

Les discours officiels promettent de doubler la part du fret ferroviaire. Sur le terrain, on sait que ça ne se fera pas juste avec des conférences de presse.

Les principaux verrous identifiés par les professionnels :

Côté bonne nouvelle, on voit aussi des signaux positifs :

Pour les chargeurs comme pour les transporteurs, l’enjeu est de ne pas attendre que tout soit parfait pour tester. Le combiné d’aujourd’hui n’est pas encore idéal, mais il permet déjà :

En synthèse : le combiné route-rail n’est ni la baguette magique qui remplacera tous les camions, ni un gadget marketing. C’est un outil supplémentaire dans la boîte à outils des chargeurs et des transporteurs. Bien utilisé, sur les bons flux, avec les bons partenaires, il permet à la fois :

Le reste, comme d’habitude, se jouera sur le terrain : qualité des plans de transport, rigueur d’exploitation, et capacité des acteurs à travailler ensemble, du quai de l’usine jusqu’au dernier kilomètre.

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